«C'est l'heure, préparez-vous mes amis. Voici la nuit de l'horreur.»
 

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Les mystères de la vie [PV - Anoki]

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Nayu
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Ven 27 Avr - 18:26

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«Les mystères de la vie»
Avec Anoki

Depuis plusieurs lunes, je rêvais de mon accident. Le pelage en sueur, mon corps marchait de lui-même vers la grotte. Seule la lune savait qui j’étais réellement. Qui étais-je avant aujourd’hui ? Qui pouvait bien le savoir ? Tout ceci n’était qu’un mystère, laissant la place à d’autres questions sans aucune réponse. La mémoire refusait de me revenir, le cœur lourd, mes membres continuaient à se forger un passage à travers les herbes sèches. Tuant chaque insecte qui courait sur la terre.

J’approchais davantage de la sombre grotte, un soupir de plus cette nuit sans rêve ni cauchemar. Rien que le vide dans mon esprit. C’est la tête basse que je continue d’avancer, espérant avoir un quelconque indice, comment ce souvenir ? Le saurais-je un jour ? Personne ne pouvait me le dire. J’aurais pu rendre visite aux chamans pour espérer avoir des conseils, mais à quoi cela servirait-il ? Ils me diront ce que je savais déjà, laisser faire le temps…

En approchant de la pierre, je sentais la fraîcheur qu’elle renfermait en son antre. Sombre comme la nuit, froide comme la Brume. Devant l’entrée, je passe le museau à l’intérieur, humant l’air qui s’y trouver. L’odeur des chauves-souris était présente. Quelque petit bruit parvenait à mes tympans. Les oreilles plaquées contre le crâne, je reculais la queue entre les pâtes. Pour un chasseur, j’étais vraiment peureuse. En réalité, depuis ma perte de mémoire, j’avais peur de tout, d’oublier à nouveau le peu de souvenir qui se forgeait dans mon esprit.

Ma marche arrière se faisait plus vive, en entrant dans un buisson, mon corps fini par tomber sur sol. Mes pattes arrière avaient trébuché sur quelque chose de moue et qui avait la même odeur que moi. Je tournais la tête, les oreilles droites pour découvrir celui que j’avais dû percuter en plein sommeil. Voyant le mâle aux yeux verts, mon corps se relevait avec souplesse, j’inclinais la tête vers le bas pour le saluer.

« Tu dormais ? »
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Anoki
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Ven 27 Avr - 20:47

Les mystères de la vie
PV. Nayu

Il fait nuit. Ou plutôt, il fait noir. Il a beau avoir les yeux grands ouverts, il n’y voit guère clair. Il a beau cligner maintes fois des paupières pour tenter d’y voir plus net, d’y voir un poil plus, rien ne change. Alors qu’il ne se le permettrait pas en pleine lumière, une grimace tord son visage. Un je ne sais quoi le met mal à l’aise. Un je ne sais quoi laisse grimper le stress dans la moindre partie de son corps. Il ne peut le voir, mais il peut sentir son poil se hérisser sur son dos, sur son échine et sur tout le reste de son corps noueux. Chacun de ses muscles est tendu, contracté, dévoilant une musculature sèche et plutôt imposante. Il ne tremble pas. Du moins, son corps en lui-même ne se le permet pas. Tétanisé, il fait preuve du même sang-froid habituel, la même froideur devant les éléments. Puis soudain, une lueur s’allume au loin. Se reflétant dans son regard d’émeraude, il profite de cette opportunité pour tenter d’y voir plus clair. Où est-il ? Que fait-il ici ? Qu’est-ce qu’il se passe d’ailleurs ? Un couinement retentit au loin, tandis qu’une longue complainte brise le silence. La ridicule lueur prend de l’ampleur, ouvrant un puits de lumière auquel les pupilles du loup n’étaient pas préparées. Aveuglé pendant quelques secondes, il n’y verra net qu’après maints et mains clignements de paupière. De nouveau, une plainte vrilla ses tympans. Quelque chose se tramait juste sous ses yeux. Incapable de discerner ne serait-ce que la couleur du pelage de la louve qui hurlait sa peine et sa douleur, Anoki capta néanmoins la scène qui se jouait. Encore ce rêve. Encore ce songe. Encore cette saloperie de cauchemar qui résumait si bien son existence. La seule chose qui paraissait nette dans toute cette histoire était la seule et unique qui avait toujours été ainsi : lui.

Il avait eu beau essayer de se défaire de cette scène, de ce maudit rêve, il n’y était jamais parvenu. Parfois, Morphée lui accordait des moments de répit, des nuits sans que le moindre rêve ne vienne égailler son plein sommeil. Et parfois, sa cruauté la poussait à rejouer encore et encore cette scène sous ses yeux impuissants. Combien de fois avait-il vu cette scène ? Combien de fois avait-il pu sentir toute la culpabilité d’un pareil moment ? Il savait exactement ce qui allait se passer. Et avec le timing parfait, il prononça les mots qu’une autre forme lupine déblatérait au même moment que cette dernière. Cet autre individu apparaissait lui aussi nettement sous la lumière blafarde du soleil. Lui aussi apparaissait sous les yeux incrédules d’Anoki. Il l’avait suffisamment vu pour le reconnaître entre mille. Cette forme, ce corps musculeux, ce pelage sombre ressemblant de loin au sien, cette carrure notablement plus développé que la sienne : son père. Il l’avait suffisamment vu pour le reconnaître en tous. Pour autant, il ne l’avait jamais vu que dans ce rêve-ci d’aussi près. Il n’avait vu que dans ce cauchemar-là ce sentiment de peur extrême grandir dans son regard. Ses yeux noisette, qui ne ressemblaient nullement aux siens, luisaient de ce sentiment animal. Et si ce n’était que son regard. Tout son corps transgressait la peur, la laissant s’échapper de tous les pores. Il tenait à cette louve. Il y tenait bien plus qu’à son être. Et il y tenait bien plus qu’à cette boule de poils laide et affreuse qui avait donné la mort à sa merveilleuse compagne. Connaissant parfaitement l’issue de tout cela, dénotant la flaque de sang bien trop importante pour laisser la moindre once de chance à la femelle, il l’entendit rendre son dernier râle. Et la suite, il la connaissait aussi. Le mâle allait pousser ce cri effroyable mêlant douleur et détresse. Il s’y attendait. Le corps entier du roux s’étira en attendant la sentence de plus, mais finalement, c’est tout autre chose qui arriva. Coupant net le cauchemar dans son élan, un postérieur se vautra sur lui, le réveillant instantanément et lui laissant un goût amer dans la gueule. Posant son regard sur celle qui l’avait tiré de son mauvais rêve, il ne prit la peine de répondre qu’après-coup et sur un ton lointain, se redressant d’un bond pour remettre un peu de distance et d’ordre dans sa tête.

« Hum. »


©️ waize
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Nayu
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Sam 28 Avr - 17:34

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«Les mystères de la vie»
Avec Anoki

Un seul son sortie de la gorge du mâle que j’avais percuté. Il prit un peu de distance ce qui était normale après tout. Je me faisais toute petite, mais en même temps, il avait l’air si mystérieux que je ne pouvais m’empêcher de le fixer. Mon regard resta posé sur son long corps foncé. Je m’approchais doucement de l’individu. Avançant doucement toutes les minutes. Jusqu’à qu’on soit très proche. Je l’examinais de près, comme si je cherchais des puces. J’avais l’impression de l’avoir déjà vu quelque part. J’étais nouvelle depuis peu et je n’avais pas encore tout les noms en tête.

« Tu es chasseur comme moi, c’est ça ? »

Je restais vraiment toute proche, la curiosité était un de mes défauts. Je ne faisais pas vraiment non plus attention la proximité que j’avais mise entre nous, cela ne me dérangeait pas. Je voulais que tout le monde m’apprécie, que je sois accepté, mais ce n’était pas facile quand le vide s’installait dans notre cœur. Mon nom, celui de mon nouveau dominant était gravé dans ma tête. Mon passé avait disparu, mon avenir, mes projets, tout était envolé, partie en poussière depuis mon accident. Je n’avais plus rien, mes origines, ma famille, plus rien n’existait dans ma tête.

Les rayons de la lune entouraient nos silhouettes, laissant nos fourrures brillait sous son clair de lune. La fraîcheur de la nuit s’infiltrait dans nos pelages pour ressortir de l’autre côté, quelques frissons parcourait mon corps, mais rien qui me traumatisais. Sans baisser le regard, je guettais chacun de ses mouvements, il avait le même corps que moi, en plus grand, on avait le physique idéale pour se faufiler entre les rochers et traquer chaque proie qui se trouverait sur notre chemin. Depuis mon arrivée, j’avais trouvé mon terrain de chasse, j’avais appris les moindres faille de la montagne. Je me familiarisais avec ma nouvelle famille, mais une question persistait, est-ce que quelqu’un m’attendait quelque part ? Mes interrogations étaient visibles à travers mon regard noyé dans le sang, j’étais un véritable livre libre d’accès par tous.
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Anoki
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Mar 1 Mai - 19:55

Les mystères de la vie
PV. Nayu

Et malgré la pénombre qu’offrait la grotte, les pupilles noir de jais du loup, furent contraintes de se rétracter face à cette luminosité jugée trop agressive. Il avait le don pour s’attirer les foudres des autres, et leur maladresse. Il faut croire que c’est là son destin. Et si la question du pourquoi flotta une seconde tout au plus dans un coin de son esprit, il la réfuta d’un simple acquis de conscience : c’était comme ça et pas autrement. Un réflexe naturel l’avait forcé à faire quelques pas en arrière, histoire de remettre un peu de distance entre son corps et celui qui venait de l’assaillir. Et au fur et à mesure que les secondes défilaient sur le chronomètre, il eut légèrement le temps de se faire un rapide topo de la situation. S’il avait tout bien compris, la masse qui l’avait sorti de son cauchemar, c’était cette même masse qui se trouvait juste sous ses yeux. Au final, rien de bien dramatique, puisqu’il n’était pas plongé dans le plus beau des rêves, mais dans son pire cauchemar d’où il ne parvenait jamais à ressortir seul. D’habitude, c’étaient les quelques rayons du soleil qui venait le cueillir ou parfois la discrétion peu évidente de certains de ses camarades. Jamais Morphée ne le libérait dans ces moments-là, jamais de son plein gré du moins. Mais cette jeune louve qui se trouvait devant lui, c’était elle l’élue du jour. Et si jamais il ne la remercierait, il n’en pensait pas moins intérieurement. Il préférait de loin s’en tenir à garder cette partie-là pour lui, au moins pour s’assurer de ne pas attiser davantage la pitié que ce qu’il n’avait déjà. Et s’il était toujours conciliant avec ses camarades, s’il acceptait toujours avec le sourire l’aide qu’ils voulaient leur offrir, les quelques minutes passées en leur compagnie, il était toujours cet être désespérément seul au fond de lui. Aucune lumière ne s’allumait réellement, simplement de faibles lueurs par instant.

Mais il devait continuer de donner cette illusion. Cette image de lui, d’un gentil petit chasseur qui continue de relever la tête malgré tout. Enfin, relever la tête est un bien grand mot. Un chasseur qui se traîne et qui se démène pour la meute qui l’a mis au monde et élevé malgré le rejet de son paternel et la mort de sa mère qu’il avait lui-même orchestrée en venant au monde. Bien sûr qu’il ne l’avait pas voulu. Bien sûr qu’il aurait voulu connaître son odeur, sentir sa présence plus d’une fois, sa chaleur, l’amour qu’elle aurait pu lui donner. Mais pour vivre, il avait fallu qu’il en soit puni. Détaillant un peu plus la boule de poils juste sous ses yeux dans un silence de plomb, Anoki laissa son regard se poser tour à tour sur le petit corps brun de la louve, puis sur son regard sanguin. Et alors qu’elle lui rendait gentiment la pareille, le brun pu entrevoir la manœuvre de rapprochement très peu discrète de la louve, son regard rouge toujours fixé sur lui, comme s’il avait une vilaine cicatrice quelque part ou bien que sais-je. Et si à l’intérieur son être se crispa devant la distance qui se réduisant, son corps resta impassible à toute émotion et à tout mouvement. Et si le malaise s’installa progressivement, il ne put que réprimer ces picotements qui montaient le long de ses membres, menaçant de le faire reculer de nouveau. Il ne pouvait pas fuir indéfiniment ses camarades. Du moins, il ne pouvait les fuir sans raison valable. Et là, il n’en avait aucune. Il n’avait rien à reprocher à cette louve, si ce n’est de s’être vautré sur lui lorsqu’il était endormi. Et puis, il devait bien le reconnaître, elle ne paraissait nullement lui vouloir du mal. Et la question qui sortit de la gueule de la petite laissa un petit quelque chose sortir du fond de sa gueule, s’il n’était pas pleinement chaleureux, il ne la repousserait pas pour autant :

« Oui, je suis bien un des chasseurs de la meute. »


©️ waize
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